La légende

dimanche 19 juillet 2009
par  Ph. Misandeau

De la légende à aujourd’hui,
de la petite à la grande Histoire...

Le Mirail et sa légende

La rue du Mirail, est située dans le centre de Bordeaux
(voir le plan). Elle tient son nom d’une légende selon laquelle, au carrefour formé par les rues du Mirail, Gratiolet et des Augustins, se trouvait un puits très profond dans lequel vivait, dit-on, un serpent. Il avait le pouvoir de faire mourir tous ceux qui le regardaient.
Des femmes curieuses vinrent chercher de l’eau et voulurent voir ce qu’il y avait au fond du puits, savoir quel était ce bruit que l’on entendait. Le serpent les vit, leurs regards se croisèrent et elles tombèrent mortes autour de la margelle. Un soldat courageux, se précipitant alors au travers de la foule désolée, annonça qu’il détenait un secret appris en Égypte. « Grâce à lui, je vais délivrer BORDEAUX » cria-t-il. Et, saisissant une corde, il descendit un miroir au fond du puits...

La bête vit son image, son propre regard, et après un grand saut et un cri effroyable, elle expira. Le miroir ou « Mirail » avait fait son œuvre...

Ce puits a été supprimé en 1840.

Dans la littérature Thibault Franc [1] :


"[…] La ressemblance entre son aventure et la légende qui était à l’origine du nom de sa rue troublait Lazare. On racontait en effet qu’un puits s’était trouvé là autrefois, qui aurait abrité un basilic, lequel empêchait les gens d’y puiser l’eau car son seul regard suffisait à les tuer sur le coup, les pétrifiant et les transformant en momies pareilles à celles du caveau de l’église Saint Michel. Pour dissuader la créature de sortir semer la désolation dans les rues, les Bordelais lui avaient régulièrement sacrifié une jeune fille vierge, jusqu’à ce qu’un marin de retour d’Égypte, un romantique peut-être amoureux de la prochaine victime, ait l’idée de faire descendre dans le puits un miroir dont il se servit pour renvoyer à la bête son image, en même temps que son regard terrible, dont le poison se retourna alors contre elle. Les historiens expliquaient ainsi l’origine du nom de la rue du Mirail.

Peut-être aussi des femmes avaient-elles seulement descendu un bout de tain pour voir quelle, charogne contaminait l’eau, une vipère jetée morte dans le conduit, ou un crapaud noyé en mal d’amour. La présence de cette couleuvre démesurée dans le quartier donnait à cette jolie légende une coloration étrangement réelle, mais dont on ne pouvait a contrario rien conclure, laissant l’esprit incertain, suspendu entre deux conjonctures, inquiet et doutant vaguement
que rien ne se soit produit. […] "

(Mieux connaître l’artiste et l’entendre)


[1(in Brico-Relais de Thibault Franc, éditions Confluences - février 2009 ; p. 24)


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